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Se construire nageur

Ce texte est une réécriture du texte sur la natation écris ici.

Ces passages ne sont là que pour vous informer de comment on peut se construire nageur. Aucun d'entre eux ne doit être demandé précipitamment pour obtenir quelque chose qui ne serait pas dans le sens de celui qui apprend et qui se construit.

Vouloir brûler les étapes ou trop en demander peut aussi provoquer du stress de la pression et serait contre productif.

Dans l'autre sens, ce n'est pas une recette où il faut tout faire étape par étape, il y a autant de chemins qu'il y a d'enfants et chacun évolue à son rythme et a sa façon pour se construire.

Certains enfants partiront vite à l'aventure et il faudra les temporiser, d'autres resteront très prudent et il faudra les encourager.

Mais alors quand est ce le bon moment de proposer quelque chose ? 

Il n'y a pas de réponses ! Observez vos enfants, écoutez les, échangez, etc..

Souvent l'enfant aura la réponse à cette question avant nous, et vivre le moment avec lui sera plus productif, que de chercher à obtenir quelque chose.

Si l'enfant cherche un moyen de s'échapper c'est qu'il n'est pas en réussite, c'est que ça va trop vite pour lui, qu'il faut s'y prendre différemment. (C'est à nous de changer notre approche pas à celui qui apprend)

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A. L'aisance aquatique, être relâché dans l'eau. 

1/ Sortir, s'engager seul en grande profondeur

Pour ressentir ce que c'est que d'être dans l'eau, il faut déjà s'y engager, et s'y engager seul c'est savoir qu'on peut et qu'on sait en sortir seul.

Il faut accepter de s'y engager seul, avec son propre corps et non aidé d'un matériel de flottaison qui fausserait les informations, qui nous ferait croire qu'on flotte la tête en dehors de l'eau sans bouger par exemple.

De plus, construire une natation avec un matériel qui n'est pas nous, ne fera que fausser nos repères pour le jour où l'on voudra nager sans.

2/ Se relâcher en grande profondeur

Pour pouvoir se relâcher il faut déjà se rassurer avec des choses qu'on connaît, le mur ou les parois du bassin vont permettre de retrouver ce qu'on connaît, ses sensations de terrien qui nous rassurent.

Au début l'enfant est agrippé, il veut se sécuriser, c'est nouveau et il doit prendre le temps qui lui est nécessaire pour accepter ce qui se passe dans l'eau. Si vous les observez, vous verrez les signes de relâchement.

Enfin le faire en grande profondeur sera nécessaire pour se relâcher pleinement au fil des expériences, en petite profondeur il ne pourra pas se détacher de ces sensations de terrien différentes des sensations de nageur. (choisissez une grande profondeur où vous avez pieds, c'est largement suffisant pour l'enfant et ça vous permet de pouvoir intervenir en sécurité si besoin.)

1. Demander à un enfant de s'immerger complètement trop tôt, alors qu'il n'est pas détendu, qu'il apprend ce que c'est que d'être dans l'eau, c'est prendre le risque de le mettre en échec et l'empêcher d'avoir plaisir à s'immerger, plaisir essentiel à l'apprentissage..

C'est quand l'enfant sera prêt qu'il pourra s'aventurer à poursuivre sa construction de nageur, et à explorer ce qu'il y a sous la surface.

2. Mettre les brassards, la frite, la ceinture à cette étape permettra à l'enfant de se détendre avec ces derniers mais ne lui fera pas ressentir ce que l'eau fait sur le corps, il se mettra à sauter, à "nager" avec (ou plutôt à naviguer) mais cette nage ne sera pas adaptée à son corps et ne lui permettra pas de se déplacer en autonomie dans l'eau par la suite.

Le jour où il devra les enlever, il lui faudra à nouveau lui demander de prendre ses repères avant d'espérer qu'il avance seul dans sa construction de nageur. Il devra déconstruire quelque chose qu'il aura parfois beaucoup construit avant. 

2bis. De plus, les brassards ont tendance à nous détacher de notre rôle primordial dans la sécurité et la surveillance des enfants en nous faisant croire que l'enfant est à l'aise ou qu'il est autonome. De nombreuses noyades sont dues à un défaut de surveillance et non à un défaut de nage.

3. L'idée n'est pas de ne plus aller au petit bassin, au contraire les enfants seront très heureux d'y retourner et y construiront plein d'autres choses que la natation et qui leur permettront d'associer beaucoup de plaisir avec le milieu aquatique.

3/ Immerger son visage dans l'eau.

S'immerger le visage c'est accepter un moment où un autre l'inconnu.

Pour avoir envie de recommencer et de rester immergé longtemps, il faut le vivre dans la réussite, dans la joie.

Il faut ainsi avoir accepté de se relâcher dans l'eau dans un premier temps et rester sur des choses qui nous rassurent dans un second temps.

On a déjà vu que s'équiper d'accessoires de flottaison n'aidait pas vraiment la natation, au contraire. On va donc utiliser le mur avec lequel ils se sont construit dans leur apprentissage et on ne va pas hésiter à leur proposer des lunettes confortables, quoi de mieux que de pouvoir voir ce qu'il y a sous l'eau pour prendre plaisir à s'immerger et accepter le temps de quelques secondes de ne plus respirer. (c'est quand l'immersion sera pleinement acceptée qu'on pourra leur proposer de les enlever, ça se trouve ils le feront d'eux même)

Cette envie, propre à eux, à s'immerger, va venir allonger ces temps d'immersion, à s'immerger un peu plus profondément.

Là encore écoutez leurs réactions, observez les, vous les entendrez parler de ce qu'ils ont vu sous l'eau, vous les verrez rester plus longtemps, etc....

1. Le masque de plongée qui semble rassurant et confortable va là aussi fausser un peu les choses et l'enfant ne sera pas réellement autonome dans l'eau. 

Il est autonome si il choisit soi même une solution à son problème, tenir son nez avec sa propre main par exemple, il ne l'est pas si c'est un objet extérieur qui lui permet de le faire ou si c'est nous qui lui donnons la solution

2. On peut éventuellement revenir au petit bassin, faire les premières expériences d'immersion à la maison, dans le lavabo, la baignoire, sous la douche. Accepter ainsi plus facilement de mouiller le visage, d’immerger sa tête. Tout ce qui peut apporter du relâchement à s'immerger aidera à prendre du plaisir à s'immerger en grande profondeur.

4/ Ressentir que son corps flotte.

Quand l'enfant a plaisir à s'immerger, que son immersion est plus longue, il va pouvoir découvrir que son corps flotte naturellement et accepter de se détacher du mur.

On propose par exemple aux enfants d'aller dans une profondeur où ils pourront poser leurs pieds en tendant leur bras et donc en s’immergeant visage et tête.

(La réussite de pouvoir toucher le fond avec les pieds alors qu'on est pleinement immergé peut là aussi apporter confiance en soi et réussite nécessaire à l'épanouissement.)

On leur propose ensuite de lâcher le bord une fois qu'ils sont au fond.

S'ils ont vraiment les pieds au fond et qu'ils savent qu'ils peuvent se raccrocher. Ils vont accepter de lacher et vont découvrir que quelque chose se passe et les remontent vers le haut.

Ils ont ressenti que leur corps flottait.

Ils voudront alors recommencer et vivre cette flottaison à d'autres endroits et dans d'autres positions.

À chaque position vient son lot de découvertes et le besoin de le ressentir encore et encore pour l'accepter et l'apprendre pleinement. On peut flotter debout, allongé en diagonale, allongé pleinement sur le ventre, sur le dos, en position boule, etc..... (Le mur, la paroi reste leur allié dans le besoin de se rassurer avant de franchir le pas de le lâcher, ne chercher pas à interdir de se tenir au mur.) 

5/ Savoir s'orienter dans l'eau et choisir sa destination.

Si nous avons pris le temps, nous observerons déjà les enfants construire leur orientation par la tête et qu'ils feront peu de gestes parasites avec les jambes et/ou les bras.

Ils se fatigueront peu et économiseront leur énergie, leur oxygène.

Cette étape comme toute les autres et en lien avec celle d'avant. (c'est grâce à l'orientation de la tete qu'on se positionne pleinement sur le dos par exemple)

L'enfant/l'apprenant sera capable de choisir s'il veut retourner au mur, descendre en profondeur, aller un peu plus loin, se placer sur le dos, etc.....et se déplacera encore un peu plus en autonomie dans l'eau.

6/ S'éloigner du mur, y revenir.

Maintenant qu'on sait qu'on flotte, qu'on peut s'orienter rien qu'en utilisant la tête. On peut aller explorer ce qu'il y a "loin" du mur avec aisance, et continuer à construire son plan d'action. (loin pour l'enfant, pas loin pour nous)

C'est là qu'on peut proposer de sauter, de chuter, etc...

1. Demander à l'enfant de sauter avant c'est le mettre possiblement en difficulté et prendre le risque de le mettre en échec ou de le déstabiliser dans sa construction..(on n'a pas demandé à l'enfant de sauter alors qu'il faisait ses premiers pas)

2. On peut commencer par lui proposer la chute arrière avant la chute avant, plus facile à accepter.

Comme pour l'immersion, si l'enfant à déjà vécu ses sensations sur terre, dans des environnements rassurants, il l'accepte avec plus de facilité et aura plus de chance de vouloir recommencer en grande profondeur. 

3. Enfin, c'est aussi là qu'on peut plus facilement demander à l'enfant d'enlever la main de son nez s'il l'avait fait, de nager sans ses lunettes ou de garder la bouche ouverte pour découvrir que pas grand chose ne change, et pour qu'il se relâche et accepte l'eau encore un peu plus.

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L'enfant se déplace déjà beaucoup sans se tenir au mur alors qu'il en est à une étape ou il est encore en train de découvrir qu'il flotte, que faire ? 

On ne va pas le freiner, car faire des essais est nécessaire à tout apprentissage, mais on sait à travers cette grille de lecture que ce n'est pas un objectif en soi et souvent on verra que la nage est maladroite, il se cherche, il n'est pas encore vraiment relâché, il ne s’économise pas, il s'arrete souvent.

(Quand on a appris à marcher, on ne nous a pas dit de rester assis, on ne nous a pas tenu la main en continu en attendant que ce soit le bon moment pour y aller, à travers nos expériences nous nous sommes construit)

On va faire en sorte de sécuriser son espace d'action. Déjà par notre présence, en tant qu’adulte, en permanence auprès des enfants, par notre attention, et ensuite on peut temporiser en s'amusant à revenir aux bases plutôt qu'à l'encourager à aller plus loin, trop vite. 

Quelques exemples d'observations :

- Nager avec des battements, dénote du besoin de l'enfant à accélérer les choses, souvent il n'est pas encore construit sur le plan de la flottaison. On pense que ça fonctionne, l'enfant va loin mais il le fait vite, dans la précipitation, la fatigue. (Il court déjà alors qu'il vient à peine de s'équilibrer dans sa marche).

- Nager longtemps tête hors de l'eau, dénote du besoin de respirer pour se rassurer, là aussi il fait des distances plus ou moins grandes, à force d'entraînement il va encore plus loin mais il nage en se fatiguant, en portant sa tête inutilement alors que sous l'eau elle serait légère et l'oxygène économisé. (Il marche avec un sac à dos assez lourd alors qu'il commence tout juste à se déplacer)

- Faire le petit chien, là aussi il a besoin d'accélérer les choses, de maintenir expressément sa tête hors de l'eau. Revenir vite au mur, faire plein de petits mouvements parce que sinon il ne pourrait pas respirer assez longtemps, aller assez vite.

- Se mettre très (trop) vite sur le dos dénote aussi un besoin de se rassurer dans une position où on pourra respirer plus facilement, l'immersion est pas encore pleinement acceptée

- Être essoufflé quand on se raccroche, etc......

Vous pouvez ainsi voir à la fin de cette première étape, que vous n'avez pas forcément demandé beaucoup de choses à l'enfant, que vous avez principalement mis en relation l'apprenant avec l'élément. Et que déjà il sait être énormement autonome dans l'eau, choisir ce qu'il veut faire...

C'est alors que peut se mettre en place la deuxième partie que je ne traiterai pas ici ----> B. S'organiser, "apprivoiser" l'élément.


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